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Léon XIV. Photo Vatican News

Le bronze de saint Giovanni Battista Scalabrini, oeuvre de Jean-Michel Bouchardy.

Pose d'un bronze représentant saint Giovanni Battista Scalabrini en l’église de Sainte-Clotilde, La Jonction

La pose d'un relief en bronze représentant le "père des migrants", Saint Giovanni Battista Scalabrini, en l'église Sainte-Clotilde, à La Jonction, a eu lieu le 28 avril.

Ce bronze est l'oeuvre de l'artiste genevois Jean-Michel Bouchardy, qui fut également le sculpteur du relief de sainte-Clotilde, une jeune princesse burgonde qui vivait à Genève à la fin du Vème siècle et qui, épouse de Clovis, roi des Francs, devint reine de France.

La paroisse de Sainte-Clotilde accueille la Communauté catholique de langue portugaise "Nossa Senhora de Fátima" depuis 1981. Le curé de cette communauté, M. l'Abbé Miguel Dalla Vecchia, de la congrégation des Missionnaires de Saint-Charles Borromée, qui fut fondée par Saint Giovanni Battista Scalabrini, est également le coordinateur de l'Unité Pastorale Cardinal-Journet, constituée par la paroisse de Sainte-Clotilde et celle du Sacré-Cœur, qui pour sa part accueille la Paroisse catholique de langue espagnole.

C'est dire si cette proximité avec ces deux communautés a, au fil du temps, rendu les paroissiens de Sainte-Clotilde sensibles et attentifs à la problématique de la migration.

C'est dans cet environnement qu'a germé le vœu des paroissiens de Sainte-Clotilde et de ceux de la Communauté catholique de langue portugaise "Nossa Senhora de Fátima" de rendre hommage à saint Giovanni Scalabrini, avec ce nouveau relief.

Et c'est ainsi que se forme une nouvelle trinité réunissant sous un même toit une statue de Nossa Senhora de Fátima, un relief de sainte Clotilde et un nouveau relief, celui de saint Giovanni Battista Scalabrini, trinité qui complète les œuvres créées à l'occasion de l'édification de cette église, en 1961, à savoir un Christ en majesté ainsi qu'un bronze représentant la Vierge Marie, œuvres du sculpteur fribourgeois Antoine Claraz.

Une vie dédiée aux migrants

Tout au long de sa vie, Giovanni Battista Scalabrini a eu une vision claire de son but : le ciel, et du chemin pour y parvenir : la charité. Évêque et fondateur d'une autre congrégation, celle des Sœurs de Saint-Charles-Borromée, Scalabrini était avant tout un homme amoureux de Dieu, capable de reconnaître le regard de Jésus dans les plus humbles.

Né à Fino Mornasco, dans la province de Côme, le 8 juillet 1839, au sein d'une famille modeste et pieuse, il était le troisième de huit enfants. À 18 ans, en 1857, il entra au séminaire et, six ans plus tard, fut ordonné prêtre, le 30 mai 1863. Son désir était de partir en mission, mais cela ne fut pas possible : il débuta donc son apostolat comme instituteur, puis comme recteur du petit séminaire de Côme, poste qu'il occupa jusqu'en 1870. La même année, il fut nommé curé de la paroisse San Bartolomeo de Côme. Attentif à toutes les questions sociales, il soigna personnellement les malades du choléra à Portichetto, ce qui lui valut une médaille pour sa bravoure. À cette époque, Scalabrini comprit l'importance de l'éducation religieuse pour les jeunes et il rédigea un Petit Catéchisme pour les jardins d'enfants.

À seulement 36 ans, le pape Pie IX le nomma évêque de Plaisance, le 13 décembre 1875. Son programme pastoral et ses premières initiatives laissaient entrevoir ce que deviendrait son ministère : la proximité avec le peuple, l'attention portée au clergé, l'enseignement de l'Évangile et la charité envers les plus démunis. Il se consacra à la formation des prêtres et des jeunes séminaristes ; il ouvrit les Écoles de doctrine chrétienne et publia la revue Il Catechista Cattolico. Il fonda l'Institut pour les sourds-muets, confié en 1874 aux Filles de Sainte-Anne, et l'Opera pro mondariso, destiné à l'assistance religieuse, sociale et syndicale des quelque 170.000 migrants saisonniers employés dans les rizicultures du Piémont et de la Lombardie.

Profondément touché par le sort de ses fidèles contraints de chercher fortune en Amérique du Sud et aux États-Unis, il fonda, le 28 novembre 1887, la Congrégation des Missionnaires de Saint Charles Borromée pour l'assistance spirituelle et matérielle des migrants. Deux ans plus tard, en 1889, il créa l'Association laïque « Saint Raphaël », et en 1895, il unifia les Missionnaires aux Sœurs Missionnaires de Saint Charles Borromée. En 1901, il se rendit aux États-Unis et, en 1904, au Brésil, pour visiter les missions de ses frères scalabriniens. De retour de ce dernier voyage, il tomba malade et mourut le 1er juin 1905, jour de l'Ascension de Jésus. Sa vision des migrations, qui discernait à la fois les problèmes et les opportunités, demeure d'une grande actualité. Il inspira également l'Institut des Missionnaires séculiers scalabriniens, fondé en 1961, en Suisse.

Giovanni Battista Scalabrini a été proclamé saint par le pape François le dimanche 9 octobre 2022, place Saint-Pierre à Rome.

Au-delà de ses actions, Giovanni Battista Scalabrini a mûri une vision prophétique qu'il a laissée en héritage à toute l'Eglise. Elle nous rejoint nous aussi aujourd'hui. Il a eu l'intuition que dans les souffrances de la migration se cache une positivité, une semence de l’avenir.

Cette vision ne vient pas seulement de considérations historiques et sociologiques. C'est avant tout grâce à la foi dans la mort et la résurrection du Christ, que Giovanni Battista Scalabrini voyait le projet de Dieu pour l'humanité. Il était convaincu que, justement à travers la souffrance et le déracinement des migrants, la rencontre et parfois les conflits entre personnes de différentes cultures et mentalités, se préparait un monde nouveau. Là où les êtres humains et peuples se découvrent appartenant à l'unique famille humaine, là où l'uniformité ne règne pas, là où il est possible de vivre en communion dans la diversité.

Un sculpteur genevois

Jean-Michel Bouchardy, peintre et sculpteur genevois, fit ses études à l’Ecole des Arts Décoratifs de Genève. Après plusieurs voyages en Europe et un séjour de dix ans à Paris, il regagna sa ville natale en 1968 pour enseigner à l’Ecole Supérieure des Arts Visuels. Son œuvre multiforme comprend des peintures, des gravures, des dessins, des sculptures, des décors de théâtre auxquels il convient d’ajouter la création de mobilier liturgique, activité qu’il affectionne particulièrement.

Avec cette nouvelle œuvre les paroissiens de Sainte-Clotilde forment l’espoir que les liens qui les unissent à la communauté lousophone s’en trouvent resserrés dans le bel esprit de fraternité si cher à saint Giovanni Battista Scalabrini.

La bénédiction du bronze aura lieu le 31 mai 2026, à 16:00, à Sainte-Clotilde, en présence de diverses personnalités.

Jean-Michel Bouchardy, dirigeant les dernières retouches de son oeuvre, le 27 avril 2026.

“La foi et la charité sont le principe et la fin de la vie:

la foi est le principe, la charité, la perfection… ;

toutes les autres vertus leur font cortège pour conduire l’homme à la perfection.”

Saint Ignace d’Antioche, Épître 14.1

Statue de Notre-Dame de Fátima, vénérée par la Communauté catholique de langue portugaise.

Relief de sainte Clotilde.

Saint J. B. Scalabrini (1839–1905), Père des migrants. Photo Wikimedia Commons

Les vertus théologales fondent, animent et caractérisent l’agir moral du chrétien.

Elles informent et vivifient toutes les vertus morales.

Elles sont infusées par Dieu dans l’âme des fidèles

pour les rendre capables d’agir comme ses enfants et de mériter la vie éternelle.

Elles sont le gage de la présence et de l’action du Saint-Esprit

dans les facultés de l’être humain.

C’est pourquoi, telle est la devise de la Paroisse Sainte-Clotilde:

Foi, Espérance, Charité.

Vivre ta vie sans crainte, et avec dignité.

C’est ton droit !

Père Miguel dalla Vecchia, de la Congrégation des Missionnaires de Saint Charles, Scalabriniens, curé modérateur de Sainte-Clotilde et de la Communauté catholique de langue portugaise sise à Sainte-Clotilde.